Les hackathons, je n’y croyais plus trop. Un sentiment sans doute inversement proportionnel aux nombres de mes cheveux blancs. Ce blog alliant billets sur des données techniques, cris du cœur et comptes-rendus, mélangeons ici un peu le tout.


Palais des Nations


Je n’y croyais plus trop en pédalant, à la montée et sous la pluie, direction l’entrée Pregny de l’Office des Nations Unies à Genève, transpirant d’autant plus que mon enregistrement n’avait pas été reçu par la sécurité. Tout cela pour aller présenter les choix de métadonnées et de conditions d’accès retenus par les Archives d’Etat de Genève pour la mise en ligne de leurs images numérisées lors de la première partie du Hackathon open libraries de Open Geneva à la bibliothèque de l’ONU (qui lui-même est un pre-event du 3rd Swiss Open Cultural Data Hackathon qui aura lieu à Lausanne en septembre prochain). Ok compliqué: moi non plus je n’avais pas tout compris en arrivant.

Une fois à l’intérieur et comme toujours, l’effet ONU est garanti: on se croirait au milieu des années 30, dans Belle du seigneur, le magistral roman d’Albert Cohen. Les hackathons, je n’y croyais toujours plus trop, mais c’est toujours un immense plaisir de revoir les collègues, amis et connaissances.

Nous commençons par une première partie d’exposés ponctuée par l’intervention de Rufus Pollock, le fondateur de l’open knowledge foundation, et ses « Wonderful » (il me semble qu’il prêche des convaincus et qu’il n’y a rien de neuf, mais bon…).

Après la pause, les idées liées aux jeux de données sont présentées. Martin Grandjean (chercheur, historien, digital humanist et spécialiste des archives de la Société des Nations) propose le développement d’une application qui permettrait aux internautes de taguer les visages sur la collection de photos de la SDN, hébergée aujourd’hui sur un site obsolète. Quatre étudiants d’Epitech, “l’école de l’innovation et de l’expertise informatique” à Lyon, se joignent à ce projet. Et là, sans projet préconçu, une équipe idéale est constituée : un chercheur spécialiste et familier du fonds de photos de la SDN, les archivistes de l’ONU et ces 4 développeurs. Tout le monde se comprend au quart de tour.


Brainstorming au Palais des Nations


Je n’y croyais plus, à ces hackathons, mais là, il se passe quelque chose. Un échange immédiat, des individus sur la même longueur d’ondes, chacun avec sa spécialité. Une expérience quasi-transgénérationnelle, en plus. Ça phosphore en live! Et tout ça se lit sur les visages: la beauté d’un épisode unique de créativité, un pur moment d’espérance. C’est ma lecture de l’instant.


Palais des Nations


J’avoue que je ne suis pas présente les deux jours suivants, un samedi et un dimanche lors desquels 20 hackathons se déroulent en parallèle, sur plusieurs sites genevois, pour ce festival Open geneva hackathons (sur les thèmes de la santé, de la smart city, du social, etc.). Mais je vibre lorsque je lis que notre projet est sélectionné pour représenter le Geneva Open Libraries lors de la cérémonie de clôture, avec un pitch de 3 minutes pour lequel on bénéficie d’un coaching professionnel.


Palais des Nations


Trop bien! Et pour citer un des étudiants de l’Epitech, Adrien Bayles: “ il n’y avait pas de jury pour départager les dernières équipes en lice, mais nous considérons tout de même que nous avons gagné, ne serait-ce que pour les contacts que nous avons noués et ajoutés à notre carnet d’adresse”. Ces étudiants étaient remarquables et épatants. Ils souhaitent même continuer le projet car ils ont été touchés par la passion des archivistes et des chercheurs.

Je n’y croyais plus à ces hackathons? Quelle grave erreur! J’y crois pour tout: pour la technique, pour le développement, pour les échanges, pour la confiance, pour les contacts, pour les liens, pour l’avenir.

L’équipe :

  • Martin Grandjean, Université de Lausanne,
  • Blandine Blukacz-Louisfert, Archives ONU
  • Colin Wells, Archives ONU
  • Maria Jose Lloret, Archives ONU
  • Adam Krim, Epitech Lyon
  • Louis Schneider, Epitech Lyon
  • Adrien Bayles, Epitech Lyon,
  • Paul Varé, Epitech Lyon
  • Anouk Dunant Gonzenbach, Archives d’Etat de Genève